Joyeux Bordel !

« Des objets du volume de l’espace des murs un sol au centre un trou des costumes des coulisses des trombones comblés de la musique versée à boire à voir un verre par terre et au plafond échanger de la peinture ou une sculpture versée contre des cacahuètes entre cacographes sans argent de mains en or ou en ferraille et des gens dans une danse donnée avec un poème ou un texte en désordre à poser déposer photographier dessiner empiler épingler enfiler en défiant cet équilibre imposé qui nous fait lentement enfler et mourir dans le confort et l’habitude de lire- regarder- accrocher toujours dans le même sens sel à  manger sans réfléchir je me suis réveillé un matin avec l’envie de faire à l’instinct et rencontrer l’autre sans aucune condition ou préalable faire un truc ensemble en toute liberté, improviser un moment « artistique », mettre à jour une tribologie joyeuse, s’amuser a mettre en scène des choses importantes et inutiles pour certains des mises en scène qu’on élabore en secret. »

 

 

 

Cette « envitation » s’adresse à toutes celles et tous ceux, artistes qui s’y croient plus ou moins et ceux qui s’ignorent à tort, citoyens d’un monde ouvert à 380, flâneurs-rêveurs qui produisent des  choses à voir  toucher  entendre  manger et renifler peut être… Invitation à créer un événement collectif, moment unique improvisé et non reproductible, sans label et sans hiérarchie entre les genres. Pas de vernissage mais un buffet canadien composé des victuailles et boissons apportées par chacun, visiteurs et artistes.

Le moment : Samedi 5 novembre, dimanche 6 novembre 2016.

L’automne est une bonne période pour monter l’événement.  Chacun a le temps de penser et préparer une ou plusieurs pièces musicale ou graphique pour l’expo et nous avons le temps de nous organiser pour répondre au mieux au principe, bricolage en kit et musiques mêlées et sans plan visible de la manifestation.

Venons en au fait et premier paradoxe : Comment ça s’organise ?

Les objets présentés. Par objet il faut comprendre que toute production importée dans le lieu sera admise si elle répond à l’envie de fabriquer un objet artistique collectif pas ennuyeux, engagé si vous voulez et plus encore, joyeux. Sont sollicitées  de façon non exhaustive et sans ordre de priorité les œuvres plastiques, musicales, dansées, performées, écrites  et/ou lues, circassiennes, culinaires, œnologiques, cousues de fils blancs et noirs et toute autre couleur… La taille des lieux conditionnera hélas le format et le nombre des travaux présentés. Pour la partie graphique, le format idéal serait A4, la limite du nombre de pièces présentées n’est pas définie, on peut imaginer des travaux posés au sol ou réunis dans un endroit pour consultation… Pas de jury, pas de thème, pas de sélection, les artistes invités sont invités à présenter ce qu’ils aiment, ce qu’ils font .

Le(s) lieu(x) possibles et les groupes partenaires : Pour rester dans l’esprit de la manifestation, rien n’est définitif. Pour l’instant le premier lieu retenu est la maison-atelier de Francis Oudin (peintre graveur bricologue) pour la partie consacrée aux arts plastiques. Lieu de petite taille, environ 50 m2 avec jardinet devant la maison ( si oeuvres exposées en extérieur) et jardinet derrière maison. L’autre lieu serait la maison ou plus exactement une dépendance de la maison de Marie Christine Marella et Christophe Oudin située au centre ville de Noisy le Sec, rue Frépillon. Ce lieu ayant abrité les répétitions d’un conte musical de la troupe des « Gauchers » serait idéal pour accueillir la partie musicale. Cette (re) présentation dans deux lieux différents offre la possibilité de déambuler (costumés …) à travers la ville pour rejoindre le temps d’une soirée deux endroits aux sonorités, couleurs et ambiances différentes. Deux associations nous soutiennent dans cette initiative « Pulsation 93 » composée essentiellement de musiciens et « Rêvons la culture » qui œuvre pour une culture partagée et populaire.  La troupe des « Gauchers » est naturellement associée puisque ce sont les mêmes qui proposent leurs demeures pour abriter l’événement.

 

Les conditions de représentation : Pour répondre au « titre » de l ‘événement et rester dans une certaine provocation, les conditions ne sont pas définies… Le « concept », car il y en a un… serait que chacun apporte son travail et l’installe, l’accroche, le pose, le déploie, le joue, le déclame… ou bon lui semble. Y -aura-t-il correspondance avec son voisin artiste ou gêne ? Est-ce-ce-qu’un son ou la couleur, le parfum d’un aliment apporté, la mélodie d’un poème feront bon ménage, ménage à trois ou à plusieurs ? Remue manège, roulez ménage, advienne ce qui ce qui arrivera et pendant la représentation il sera encore temps de modifier, déplacer, choisir le mouvement ou l’immobilité. Les pièces fabriquées pourraient suivre ce déplacement. La musique est dans cette temporalité, le repas aussi, pourquoi pas une photographie ou une installation… Pas de panique, chacun sera libre d’installer et donner une forme, une place définitive (mais forcément provisoire) ou de déplacer et reconstruire à l’envi.

Poignée d’objets : L’œuvre de chacun opère naturellement une mise à distance du spectateur et des artistes entre eux dans le cadre d’une présentation collective. Quel type de dispositif ou d’installation pourrait constituer une sorte de terrain d’échange et de rencontre dans lequel chaque visiteur pourrait facilement se projeter ? Dans son atelier, l’artiste dispose d’un certains nombre d’objets dont il aime s’entourer, certains mettent en scène ces objets dans une sorte de simulacre avant de travailler…

Il est donc demandé à chaque artiste participant d’apporter une poignée d’objets choisis, qui fait partie de son univers  intime, objets « sacrés »,… objets banals. La poignée est la mesure qui correspond à la taille d’une boite à chaussure de taille 40 remplie. Apportez cette boite, customisez là, elle pourrait servir de socle aux objets. Sur place et de manière collective l’installation avec vos objets se fera à l’instinct ou de manière raisonnée, mais chacun devra se prêter au jeu : apporter ses objets et les déposer dans un espace consacré à modeler (dé)définir.

Costumes de fait : Amis zazous osez tout, la couleur, les chapeaux à plumes, les casquettes à froufrou…  Portez tous vos atours, revêtez pour rêver le temps d’ une soirée  décalée vos costumes d’apparat chiques et oufs. La vie est belle quand on veut , venez habillés en tenue de soirée, nus d’abord, chiches ensuite… Voilà !

Organisation, coordination du Joyeux Bordel ! Première édition : Francis Oudin.
Photographies : Isabelle Cherifi